Quels sont les risques et dangers d’une liposuccion ?

Publié le - Liposuccion

Bien que la liposuccion soit l’une des interventions esthétiques les plus fréquentes en chirurgie esthétique, il est important de garder à l’esprit que toute intervention chirurgicale comporte des complications potentielles.

Dans cet article, je vais vous parler des complications qui me sont arrivées après avoir effectué plus de 4000 liposuccions. Dire que l’on n’a jamais eu de complication est un mensonge pour un chirurgien plasticien — ou cela veut dire que l’on n’opère pas ou peu.

Le but est de tout faire pour diminuer au maximum le risque de ces complications. J’espère que, par cet article, je vous montrerai comment. Je vais également vous dire ci-dessous si ces complications sont fréquentes et si elles me sont arrivées ou non.

 

Risques et complications liés à une liposuccion

Irrégularités du contour

C’est une complication fréquente. C’est la raison pour laquelle tous nos patients ayant subi une liposuccion sont mis en position debout en fin d’intervention pour voir si des corrections sont nécessaires.

Même avec des milliers de liposuccions à mon actif, je dis toujours :

« Le contour d’un corps couché ne montre pas les défauts de contour d’un corps debout. »

Quand nous faisons des sédations ou des anesthésies générales, nous réveillons les patients, attendons environ 30 à 45 minutes que le patient soit bien réveillé, puis on le met en position debout pour contrôle.
Quand nous faisons la liposuccion sous anesthésie locale, nous mettons immédiatement le patient en position debout à la fin de l’intervention.

Je ne connais pas d’autres cliniques dans le monde qui font automatiquement cela après une anesthésie générale. C’est notre signature à la Clinique Bellefontaine. Cela est fait uniquement pour diminuer au maximum le risque d’irrégularités postopératoires.

Cependant, il y a une autre irrégularité que l’on ne peut pas maîtriser : la cicatrisation sous-cutanée postopératoire, comme vous pourrez le lire plus loin. Certains patients cicatrisent sous la peau de manière plus intense sur certaines zones que d’autres, raison pour laquelle ils peuvent avoir d’autres irrégularités à ces endroits.

Ces changements peuvent être permanents. Les choses s’arrangent généralement avec le temps. Dans certains cas, des retouches sont nécessaires. Pour cela, il faut attendre au minimum 6 mois après l’intervention.

Nous faisons moins de 10 retouches par année à la Clinique Bellefontaine (sur environ 300 à 400 liposuccions effectuées par an).

Plissement de la peau

Plissement ou relâchement de la peau après une liposuccion

Dans les cas de grossesses, ou de prise et de perte de poids rapides avant l’intervention, et évidemment avec l’effet de l’âge, la peau peut déjà subir des dégâts comme des vergetures ou un relâchement.

Je dis toujours à mes patients qu’il faut qu’ils s’imaginent qu’une liposuccion, c’est comme une balle qu’on dégonfle : l’air de la balle étant la graisse et le pourtour du ballon étant la peau. Automatiquement, cette dernière aura moins de tension et peut donc commencer à plisser.

Il y a certaines zones plus à risque comme les cuisses internes et le ventre (c’est la raison pour laquelle je n’enlève jamais toute la graisse à ces endroits).

C’est une complication qui m’est déjà arrivée, mais dans les zones à risque, j’avertis mes patients de ce risque avant l’intervention. Pour lutter contre les plis, on peut faire pendant l’intervention un traitement par Renuvion, et dans les cas extrêmes un lifting de la zone.
C’est assez rare, mais cela peut arriver.

Accumulation de liquide (sérome)

C’est une complication moyennement fréquente et qui arrive principalement au niveau du ventre.

Pour éviter cela, il faut absolument suivre sérieusement notre protocole postopératoire à la lettre et surtout : se ménager les deux premières semaines et porter la gaine de compression jour et nuit pendant 3 semaines (sauf pour la douche).

Il est très important de se ménager les deux premières semaines et d’éviter d’être trop longtemps debout, surtout si le ventre a été liposuccé.
En général, nous autorisons la position debout 3 heures par jour la première semaine et un peu plus la deuxième.

Malgré cela, parfois des poches temporaires de liquide, appelées séromes, peuvent se former sous la peau.

Les séromes se développent parce que le liquide s’accumule naturellement dans les espaces vides créés par l’élimination de la graisse, presque toujours au niveau du ventre.

  • S’ils sont très petits, on ne fait rien : ils se résorbent d’eux-mêmes.
  • S’ils sont un peu plus conséquents, ils peuvent nécessiter un drainage à l’aide d’une aiguille.
  • S’ils sont plus importants, ils peuvent provoquer une cicatrisation sous-cutanée importante en se résorbant et entraîner des déformations souvent difficiles à corriger.

Actuellement, nous avons environ 1 à 2 % seulement de petits séromes à la Clinique Bellefontaine, car je suis très strict sur ce sujet.

Modifications de la sensibilité de la peau après la liposuccion

C’est une complication fréquente, qui ne mérite presque pas ce terme tellement elle est commune et réversible.

Après l’intervention, il est normal de ressentir un engourdissement dans les zones traitées. Ces sensations peuvent sembler étranges, mais elles ne sont généralement pas douloureuses et s’estompent avec le temps.

Cela prend, selon les zones, entre 3 à 6 mois pour récupérer, et je n’ai jamais eu de patiente me disant que cet inconfort est resté après ce délai.

Cela est dû au fait que les terminaisons nerveuses, soit les petits nerfs sous la peau, peuvent être lésées lors de l’élimination de la graisse.
Au fur et à mesure que le corps guérit, ces petites terminaisons nerveuses repoussent et se rétablissent progressivement.

Le LPG Endermologie que nous pratiquons à la Clinique Bellefontaine aide à cette récupération.

Induration sous la peau

À partir de la deuxième semaine après la liposuccion, la grande majorité de mes patients ont des indurations sous la peau. Cela arrive principalement au niveau des poignées d’amour, du ventre, du dos et des bras, très rarement au niveau des cuisses.

Pour lutter contre cela, nous utilisons le LPG Endermologie  à partir de la deuxième semaine. Ces indurations peuvent parfois durer jusqu’à 6 mois.

Dans le cas où il y a eu un sérome (petit ou grand), les indurations peuvent rester toute la vie !
C’est la raison pour laquelle il faut bien suivre notre protocole postopératoire.

Gonflements et ecchymoses

Il est presque obligatoire de constater un gonflement et des ecchymoses après une liposuccion. On ne peut presque pas parler de complication dans ce cas. Il s’agit d’une réaction normale du corps à l’intervention chirurgicale.

Certaines zones sont plus à risque de gonfler en postopératoire comme les cuisses et le ventre, d’autres moins comme les poignées d’amour.

Pour y remédier, il est obligatoire pour les patients de porter des vêtements de compression, de faire des séances de drainage lymphatique (nous faisons du LPG Endermologie à la Clinique Bellefontaine), de surélever la zone si possible et de suivre à la lettre les instructions postopératoires.

Si les bleus sont vraiment trop importants, je prescris une crème à base d’héparine pour les faire partir plus vite.
On conseille également de l’Arnica en granules ou en crème.

Risques d’infection

Les infections cutanées sont très rares, mais possibles. Le risque est faible, car une grande quantité de la solution tumescente contenant l’anesthésique local utilisée sort après l’intervention par les petites cicatrices, diminuant donc le risque d’entrée de bactéries.

Les patients peuvent remarquer une rougeur, une chaleur, une sensibilité ou un écoulement au niveau des sites d’incision.
Si la patiente a de la fièvre, c’est que l’infection est déjà bien avancée. Même dans des environnements stériles, le corps est temporairement plus vulnérable pendant la cicatrisation.

Un traitement rapide par antibiotiques permet de guérir les infections avant qu’elles ne s’aggravent.
Je n’ai eu qu’une seule infection pour mes liposuccions, que l’on a pu bien traiter par des antibiotiques prolongés.

Saignement

Un de mes collègues, très réputé dans le BBL dans le sud de l’Espagne, m’a dit qu’il transfusait environ 1 à 2 % de ses patients !

Là aussi, j’ai de la chance : je n’ai jamais dû transfuser aucun de mes patients. Parfois, certains patients saignent un peu plus que la moyenne lors de la liposuccion. Dans ces cas, on utilise une solution à base d’adrénaline pour diminuer le saignement.

Si, en postopératoire, on voit qu’il saigne un peu plus que d’habitude, nous faisons des pansements compressifs, et cela a jusqu’à présent arrêté tout type de saignement.

Lésions nerveuses

Des lésions nerveuses peuvent survenir lorsque les instruments chirurgicaux passent à proximité de voies nerveuses délicates pendant l’ablation de la graisse.
Cette perturbation peut affecter temporairement la communication entre les nerfs, entraînant des changements dans les sensations.

Un changement de sensibilité ou de motricité sur le long terme (plus de 6 mois) ne m’est jamais arrivé.

Embolie graisseuse

Des fragments de graisse peuvent se détacher et se loger dans un vaisseau sanguin, puis se diriger vers les poumons ou le cerveau.
Les patients peuvent ressentir un essoufflement soudain et/ou des douleurs thoraciques.

Cela est extrêmement rare et ne m’est heureusement jamais arrivé, que ce soit pour une liposuccion ou un lipofilling.

Perforation interne

Si la canule utilisée pendant l’intervention pénètre trop profondément, elle peut perforer un organe interne.
Cela peut nécessiter une intervention chirurgicale d’urgence pour réparer l’organe.

J’ai vu deux collègues perforer des hernies intestinales pendant une liposuccion lors de ma formation de chirurgien plasticien.
C’est la raison pour laquelle je demande obligatoirement une échographie de la paroi abdominale à la recherche de hernies avant l’intervention.

Heureusement, cette complication ne m’est jamais arrivée.

Troisième secteur

Lorsque de grands volumes de liposuccion sont enlevés, il peut y avoir un déplacement de liquide dans les zones opérées : cela s’appelle un troisième secteur.
Ce dernier peut ensuite provoquer des perturbations électrolytiques dans le sang (sodium, potassium, etc.).

Cela peut entraîner des problèmes rénaux, cardiaques et pulmonaires potentiellement mortels.

C’est la raison pour laquelle j’arrête les liposuccions après 5 ou maximum 6 litres de graisse.
Quand on enlève plus, cela s’appelle une méga-liposuccion, et les patients doivent en général être suivis aux soins intensifs après ce type d’intervention pour surveillance.

Il n’existe pas ce genre de centre en Suisse.
Cette complication ne m’est jamais arrivée.

Toxicité de la lidocaïne

Utilisation de la lidocaine pour une liposuccion

La lidocaïne est un médicament utilisé dans la solution tumescente que l’on emploie pour toute liposuccion. Elle permet de soulager la douleur.

Bien que la lidocaïne soit sans danger, une toxicité peut survenir si elle est utilisée en trop grande quantité.

Klein, un dermatologue californien, a inventé le concept de la solution tumescente, où l’on dilue la lidocaïne.

On sait actuellement que l’on peut utiliser jusqu’à 35 mg/kg de lidocaïne si elle est diluée dans un litre de solution NaCl 0,9 %.

Il faut respecter cette limite, et ainsi il n’y a pas de problème.
Cette complication ne m’est jamais arrivée : la solution de Klein est une solution très sûre.

Il faut simplement respecter le dosage maximal selon le poids du patient et ne pas le dépasser.

Nécrose cutanée

Bien que décrite, je ne l’ai jamais vue chez un collègue ni dans mes cas de liposuccion.
J’imagine que cette complication intervient surtout lorsqu’une liposuccion trop marquée et trop agressive est effectuée sur une même zone.

Si elle devait arriver, malheureusement, la correction impliquerait des cicatrices supplémentaires, voire des greffes de peau.

🩺 En résumé

En guise de conclusion, j’espère que cet article sur les dangers de la liposuccion vous aura été utile et instructif. Comme vous avez pu le voir, je vous ai transmis en toute transparence les conclusions tirées pour chaque type de complication possible, ainsi que — lorsque cela était pertinent — leur fréquence réelle. Vous constaterez que ces cas restent extrêmement restreints, ce qui représente des statistiques très faibles sur plus de 4’000 liposuccions effectuées entre mes mains.

En d’autres termes, malgré la liste exhaustive des complications envisageables, les situations réellement graves demeurent exceptionnellement rares. La liposuccion reste une procédure très sûre, à condition d’être réalisée par des professionnels expérimentés et qui la pratiquent régulièrement.

Même si la liposuccion est une intervention courante et maîtrisée, elle reste un acte chirurgical dont les risques graves sont rares.
L’expérience du chirurgien, la rigueur du suivi postopératoire et le respect des protocoles permettent de réduire considérablement ces risques.

À la Clinique Bellefontaine, nous mettons tout en œuvre pour assurer votre sécurité, la qualité du résultat et le bien-être de nos patients.

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