Avant l’intervention
Avant une réduction mammaire, un bilan préopératoire personnalisé est réalisé afin de vérifier que l’intervention peut se dérouler dans de bonnes conditions de sécurité, d’identifier les éventuels facteurs de risque et de planifier précisément la chirurgie. Il comprend un entretien médical, un examen clinique des seins, une prise de sang et, selon la situation, une imagerie mammaire ainsi qu’une consultation d’anesthésie.
La consultation et l’examen clinique des seins
Lors de la consultation préopératoire, le Dr Favre recherche notamment les antécédents médicaux et chirurgicaux, les éventuels problèmes rencontrés lors d’une précédente anesthésie, les allergies, les traitements et compléments alimentaires, le tabagisme ainsi que les antécédents personnels ou familiaux de saignement, de thrombose ou de maladie du sein.
L’examen clinique permet d’évaluer le volume et la forme de la poitrine, le degré de ptose mammaire, la symétrie des seins, la qualité de la peau ainsi que la position des aréoles et des mamelons. Les seins et les creux axillaires sont également palpés afin de rechercher une éventuelle anomalie. Des mesures précises sont réalisées pour préparer l’intervention et définir avec la patiente le volume et la forme recherchés.
Quelle prise de sang faut-il effectuer avant une réduction mammaire ?
À la Clinique Bellefontaine, une prise de sang est réalisée avant l’opération. Elle comprend notamment un hémogramme, ou formule sanguine complète, afin de contrôler le taux d’hémoglobine, de rechercher une éventuelle anémie et de vérifier le nombre de plaquettes.
Un bilan de l’hémostase, comprenant notamment le Quick/INR et le TCA, permet de rechercher certaines anomalies susceptibles d’augmenter le risque de saignement. Toute anomalie significative doit être expliquée et, si nécessaire, corrigée avant l’intervention.
Faut-il réaliser une échographie ou une mammographie avant une réduction mammaire ?
L’imagerie mammaire n’est pas identique pour toutes les patientes. Une échographie mammaire et/ou une mammographie peut être demandée selon l’âge, les symptômes, les antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, les résultats de l’examen clinique et la date du dernier dépistage.
Une mammographie ne doit donc pas être réalisée systématiquement chez toutes les jeunes patientes sans facteur de risque uniquement parce qu’une réduction mammaire est prévue. En revanche, toute masse palpable, écoulement du mamelon, modification inhabituelle de la peau ou anomalie radiologique doit être complètement explorée avant l’opération (Feely 2013).
Le tabac
Selon notre protocole à la Clinique Bellefontaine, l’arrêt complet du tabac et des produits contenant de la nicotine est demandé au minimum trois semaines avant et trois semaines après l’intervention. Le tabagisme et la nicotine augmentent notamment le risque de retard de cicatrisation et de complications postopératoires comme une nécrose de l’aréole.
La procédure
Le jour de la réduction mammaire, des photographies médicales standardisées de la poitrine sont réalisées en position debout. Le Dr Favre effectue ensuite les marquages préopératoires, également debout, car la forme et la position des seins se modifient en position allongée. Ces dessins permettent notamment de définir les zones à retirer, la future forme des seins et la nouvelle position de l’aréole et du mamelon.
Après les dernières vérifications de sécurité, l’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Une réduction mammaire dure habituellement entre 3 et 4 heures. Cette durée peut varier selon le volume à retirer, le degré de ptose mammaire, l’existence d’une asymétrie et la technique chirurgicale choisie.
Le tissu mammaire retiré est-il analysé ?
Oui. Tous les tissus retirés au cours de la réduction mammaire sont systématiquement envoyés dans un laboratoire d’anatomie pathologique.
Un médecin pathologiste examine les prélèvements afin d’identifier d’éventuelles anomalies bénignes, des lésions atypiques ou, plus rarement, une lésion cancéreuse non détectée avant l’intervention. Cette analyse complète le bilan radiologique préopératoire, car certaines anomalies microscopiques peuvent ne pas être visibles à l’échographie ou à la mammographie (Ambaye 2017).
Des drains sont-ils nécessaires après une réduction mammaire ?
Les drains ne sont pas systématiques. Dans la majorité des réductions mammaires, nous ne mettons pas de drain. Les études disponibles ne montrent pas de bénéfice à leur utilisation routinière dans les interventions standards.
Un drainage temporaire peut néanmoins être décidé au cas par cas, notamment lors d’une réduction mammaire très importante, d’une dissection plus étendue ou lorsqu’un risque accru de collection est constaté pendant l’intervention.
La réduction mammaire est-elle réalisée en ambulatoire ?
Dans la majorité des cas, la réduction mammaire est une intervention ambulatoire. Après une surveillance en salle de réveil et la vérification des critères de sortie, la patiente peut rentrer à son domicile le jour même, accompagnée. Les études montrent que cette prise en charge est sûre chez des patientes correctement sélectionnées.
Pour une réduction mammaire très importante, ou lorsqu’une surveillance médicale ou anesthésique prolongée est préférable, nous prévoyons généralement une nuit d’hospitalisation. La durée du séjour est ainsi adaptée à l’importance de l’intervention, à l’état de santé de la patiente et à son évolution après l’opération.
Quelle technique est utilisée et quelles cicatrices laisse une réduction mammaire ?
La réduction mammaire consiste à retirer l’excès de glande mammaire, de graisse et de peau, puis à remodeler les tissus restants afin d’obtenir des seins plus légers, remontés et mieux proportionnés à la silhouette. L’aréole peut être réduite et le complexe aréolo-mamelonnaire est repositionné plus haut. Dans la grande majorité des cas, l’aréole et le mamelon restent reliés à un pédicule de tissu vascularisé afin de préserver leur apport sanguin et, autant que possible, leur sensibilité.
Le dessin des incisions, et donc la forme des cicatrices, est adapté à chaque patiente. Il dépend du volume à retirer, mais aussi du degré de ptose mammaire, de l’excès de peau, de la qualité cutanée et de l’anatomie des seins. Pour une réduction mammaire modérée, la cicatrice est généralement située autour de l’aréole et se prolonge verticalement jusqu’au sillon sous-mammaire : il s’agit de la cicatrice verticale. Pour une réduction plus importante ou en présence d’un excès cutané marqué, une cicatrice horizontale est ajoutée dans le pli naturel sous le sein, formant une cicatrice en T inversé, également appelée cicatrice en ancre. La technique la mieux adaptée est déterminée et expliquée lors de la consultation préopératoire.
Après l’intervention
Après une réduction mammaire, la récupération est progressive. Durant les premiers jours, il est habituel d’observer un gonflement des seins, des ecchymoses, une sensation de tension, une fatigue et des douleurs d’intensité variable. Une modification temporaire de la sensibilité de la peau, des aréoles ou des mamelons peut également survenir.
Les médicaments antalgiques prescrits permettent généralement de contrôler les douleurs postopératoires. Selon notre expérience, les douleurs en postopératoire après une réduction mammaire sont modérées. Le volume et la forme des seins continuent ensuite à évoluer pendant plusieurs semaines, à mesure que l’œdème diminue. Les cicatrices se modifient plus lentement et leur maturation peut se poursuivre pendant 12 à 18 mois, parfois davantage.
Les drains ne sont pas systématiques après une réduction mammaire. Lorsqu’un drainage a exceptionnellement été mis en place, il est généralement retiré le lendemain de l’intervention, à condition que la quantité et l’aspect du liquide recueilli le permettent.
La majorité des sutures utilisées pour fermer les incisions sont résorbables : elles disparaissent progressivement et ne doivent pas être retirées. Quelques fils cutanés supplémentaires, appelés « points de sécurité », peuvent néanmoins être placés à certains endroits des cicatrices. Ils sont généralement retirés entre deux et trois semaines après l’intervention, selon l’évolution de la cicatrisation.
Quel soutien-gorge porter après une réduction mammaire ?
Après l’intervention, nous remettons à chaque patiente deux soutiens-gorge postopératoires de maintien de la marque Marena. Le fait d’en disposer de deux permet d’en laver un tout en continuant à porter l’autre.
Ce soutien-gorge postopératoire, sans armatures, doit être porté pendant les six premières semaines suivant la réduction mammaire, conformément aux consignes données par l’équipe médicale. Il soutient les seins opérés, limite les mouvements inconfortables et contribue au confort pendant la cicatrisation.
Un soutien-gorge avec armatures peut être porté 8 semaines après l’intervention.
Quand peut-on reprendre les activités et le sport après une réduction mammaire ?
La marche et les déplacements courts sont encouragés dès les premiers jours. Les activités quotidiennes doivent toutefois être reprises progressivement, sans mouvement brusque, sans port de charges lourdes et sans geste provoquant une douleur ou une tension sur les cicatrices pendant 3 semaines selon notre protocole à la Clinique Bellefontaine.
Dans notre protocole, la reprise du sport est généralement autorisée deux mois après l’intervention, à condition que la cicatrisation soit satisfaisante et après validation du chirurgien. La reprise doit être progressive, en particulier pour la course, les sports avec impacts, la musculation du haut du corps et les activités sollicitant fortement les bras et la poitrine.
La baignade et les activités aquatiques ne doivent pas être reprises avant la fermeture complète des cicatrices et l’autorisation de l’équipe médicale, soit en général après 4 semaines.
Risques et effets secondaires
Comme toute intervention chirurgicale, la réduction mammaire comporte des effets secondaires et des risques. Leur fréquence dépend notamment du volume retiré, de l’importance de la remontée du mamelon, de la technique utilisée, du tabagisme ainsi que de l’état de santé général.
Effets secondaires fréquents et généralement temporaires
Dans les premières semaines, il est fréquent d’observer un gonflement des seins, des ecchymoses, une sensation de tension, des douleurs modérées ou une asymétrie temporaire liée à l’œdème. Une diminution, une augmentation ou une modification de la sensibilité de la peau, des aréoles ou des mamelons peut également survenir. La sensibilité s’améliore le plus souvent progressivement, mais une perte définitive de la sensibilité du mamelon peut parfois arriver. Un retard de cicatrisation ou une petite ouverture de la cicatrice peut parfois arriver.
Complications moins fréquentes
Les complications moins fréquentes comprennent un saignement postopératoire, une infection, un sérome, une nécrose graisseuse formant une zone plus ferme, une asymétrie persistante ou une irrégularité de contour. Une souffrance de la vascularisation peut exceptionnellement provoquer une nécrose partielle ou complète de l’aréole et du mamelon. Ce risque est plus élevé lors des réductions mammaires très importantes, notamment lorsque le complexe aréolo-mamelonnaire est situé très bas avant l’intervention et doit être remonté sur une longue distance (en général plus de 10 cm). Le tabac et la nicotine augmentent également le risque de mauvaise cicatrisation et de nécrose de l’aréole.
Allaitement
Une réduction mammaire peut diminuer la capacité d’allaiter ou, dans certains cas, la supprimer. Cette conséquence dépend de la technique opératoire et de la quantité de glande, de canaux galactophores et de connexions nerveuses préservée. Le maintien de la capacité d’allaitement ne peut donc jamais être garanti après l’intervention.