Quelles sont les risques et complications possibles après une augmentation mammaire ?

Publié le - Augmentation mammaire

Comme je l’ai déjà fait pour d’autres interventions de chirurgie esthétique, notamment les risques liés à une liposuccion ou  les dangers d’un BBL, je vais vous présenter les différentes complications que j’ai pu observer après de mes propres augmentations mammaires.

Risques et complications potentielles après une augmentation mammaire

Dans cet article, je vais passer en revue les différentes complications possibles, en vous précisant pour chacune d’elles :

  • si cette complication est fréquente ou rare,
  • si elle m’est déjà arrivée dans ma pratique,
  • et surtout ce que l’on peut faire pour réduire le risque qu’elle survienne.

Il est important de garder à l’esprit qu’aucune intervention chirurgicale n’est totalement dénuée de risques. Chaque augmentation mammaire comporte donc des complications potentielles, même si elles restent généralement rares lorsque l’intervention est réalisée dans de bonnes conditions.

Lorsque l’on envisage ce type de chirurgie, il est essentiel d’accepter cette réalité : une complication peut toujours survenir, même si tout est fait pour l’éviter.

Si une patiente ressent une anxiété trop importante face à ces risques, je lui conseille généralement de prendre davantage de temps pour réfléchir. Il vaut mieux attendre d’être pleinement prête et d’accepter l’éventualité — même faible — d’une complication avant de se lancer dans ce type d’intervention.

L’infection

L’infection est une complication possible après une augmentation mammaire. Elle est généralement un peu plus fréquente que dans des interventions comme la liposuccion ou le lipofilling.

La raison est simple : lors d’une augmentation mammaire, on introduit un corps étranger, c’est-à-dire un implant. Or toute intervention impliquant un corps étranger — comme une prothèse de hanche ou de genou — comporte naturellement un risque infectieux légèrement plus élevé.

Comment réduit-on le risque d’infection ?

À la Clinique Bellefontaine, plusieurs mesures sont mises en place pour diminuer au maximum ce risque :

  • Bain antibiotique de l’implant avant sa mise en place
  • Antibiotiques administrés avant l’intervention
  • Antibiotiques après l’opération, généralement Augmentin 625 mg trois fois par jour pendant une semaine (sauf allergie)
  • Incisions très petites, généralement entre 2,5 et 3,5 cm
  • Utilisation du Keller Funnel, un dispositif permettant d’introduire l’implant sans presque le toucher, ce qui réduit la contamination bactérienne
  • Double gantage pendant l’intervention pour limiter le risque infectieux
  • Mise en place d’un pansement protecteur au niveau des aréoles, car cette zone peut parfois présenter des sécrétions ou une pilosité augmentant légèrement le risque bactérien.

Risque d’infection après une augmentation mammaire

Quand apparaît une infection ?

Lorsqu’elle survient, l’infection apparaît généralement entre le 4ᵉ et le 10ᵉ jour après l’opération. Il est très rare qu’elle se manifeste beaucoup plus tard.

Dans un premier temps, le traitement consiste à prolonger ou adapter les antibiotiques.
Si malgré cela l’infection progresse, il peut malheureusement être nécessaire de retirer l’implant.

Dans ce cas, on attend en général entre 3 et 5 mois avant de pouvoir réaliser une nouvelle augmentation mammaire.

Il faut savoir que le retrait d’un implant peut être psychologiquement difficile pour la patiente, ce qui explique pourquoi tout est fait pour éviter cette situation.

Que peut faire la patiente pour diminuer le risque ?

Un facteur très important est l’arrêt du tabac.

Il est recommandé d’arrêter de fumer au minimum trois semaines avant l’opération et trois semaines après, car le tabac peut augmenter de cinq à six fois le risque d’infection.

Quelle est la fréquence de cette complication ?

En général, le taux d’infection après augmentation mammaire se situe entre 1 % et 2 %.

Grâce aux protocoles mis en place à la Clinique Bellefontaine, notre taux est inférieur à 1 %. Malgré toutes les précautions, des infections peuvent toutefois survenir. Dans ces cas-là, nous commençons toujours par un traitement antibiotique et, si nécessaire, nous retirons les implants avant de les remplacer par d’autres implants quelques mois plus tard.

Le déplacement de l’implant (bottoming out)

Une autre complication possible après une augmentation mammaire est le déplacement de l’implant vers la partie inférieure, parfois appelé bottoming out.

Même lorsque les implants sont parfaitement positionnés pendant l’intervention, il peut arriver qu’ils se déplacent dans les semaines qui suivent l’opération.

Le bottoming out correspond à une situation où l’implant descend trop vers la partie inférieure du sein, ce qui peut modifier la forme de la poitrine et donner l’impression que le sein est plus bas que prévu.

Choix de l’implant avant une augmentation mammaire

Pourquoi cela peut-il se produire ?

Aujourd’hui, la plupart des implants que nous utilisons sont des implants ultra lisses comme les implants Perle ou Motiva.

Ces implants présentent de nombreux avantages, mais ils ont aussi une tendance plus importante à glisser vers le bas dans les premières semaines, tant que les tissus n’ont pas encore cicatrisé autour de l’implant.

Pour limiter ce risque, nous réalisons pendant l’intervention des points de suture résorbables au niveau du sillon sous-mammaire avec du fil PDS 2.0.
Ces fils maintiennent la position de l’implant le temps que la cicatrisation interne se fasse, ce qui permet ensuite aux tissus de stabiliser l’implant de manière durable.

Le rôle du respect des consignes post-opératoires

Le respect des consignes après l’opération est essentiel pour éviter le déplacement des implants.

Par exemple :

  • ne pas dormir sur le côté pendant les quatre premières semaines
  • éviter de lever les coudes au-dessus des épaules pendant les trois premières semaines
  • ne pas porter de charges de plus d’un kilo pendant les trois premières semaines

Si ces recommandations ne sont pas respectées, il existe un risque de rompre les fils placés pour stabiliser l’implant, ce qui peut favoriser son déplacement.

Est-ce une complication qui m’est déjà arrivée ?

Oui, cela m’est déjà arrivé dans certains cas particuliers.

Par exemple, j’ai suivi une jeune maman qui, une semaine après l’intervention, a dû rattraper sa petite fille qui allait tomber. En la retenant, elle a ressenti un craquement au niveau de la poitrine.

Lors du contrôle, tout semblait normal, mais j’avais expliqué qu’il existait un risque qu’un des fils internes ait cédé. Effectivement, quelques semaines plus tard, l’implant s’était légèrement déplacé vers le bas de quelques millimètres.

Dans un autre cas, une patiente présentait très peu de structures solides autour du muscle pectoral, ce qui rendait la fixation des points internes plus difficile. Dans cette situation, un implant avait glissé légèrement plus bas d’un côté que de l’autre.

Que faire en cas de bottoming out ?

Lorsqu’un déplacement de l’implant est constaté, on attend généralement environ six mois après l’intervention avant d’envisager une correction.

Si cela gêne réellement la patiente sur le plan esthétique, une nouvelle intervention chirurgicale peut être réalisée afin de refixer le sillon sous-mammaire et repositionner correctement l’implant.

La coque ou capsule périprothétique (contracture capsulaire)

Une autre complication possible après une augmentation mammaire est ce que l’on appelle la capsule ou coque périprothétique, également appelée contracture capsulaire.

Lorsqu’un corps étranger est introduit dans l’organisme — comme un implant mammaire — le corps réagit naturellement en formant une fine couche de tissu autour de cet implant.

Cette réaction est tout à fait normale et même souhaitable : cette capsule permet de stabiliser l’implant. Après environ deux mois, lorsque cette couche est bien formée, l’implant reste généralement bien en place.

Cependant, dans certains cas, cette capsule peut s’épaissir anormalement et se contracter autour de l’implant. Cela peut provoquer :

  • une augmentation de la fermeté du sein
  • une déformation de la poitrine
  • parfois des douleurs

Dans cette situation, on parle alors de coque périprothétique.

L’échelle de Baker

La contracture capsulaire est classée selon l’échelle de Baker, qui comporte quatre grades :

  • Grade 1: le sein est souple et d’apparence naturelle. La coque peut être visible uniquement à l’échographie.
  • Grade 2: le sein devient légèrement plus ferme, mais l’apparence reste normale.
  • Grade 3: le sein est nettement plus ferme et commence à présenter une déformation visible.
  • Grade 4: le sein est dur, douloureux et visiblement déformé.

Quels sont les facteurs de risque ?

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’une coque :

  • un saignement important après l’intervention
  • la présence d’un sérome (accumulation de liquide)
  • certaines infections tardives
  • le tabagisme

Historiquement, certains implants texturés, notamment les implants anatomiques en forme de goutte, pouvaient également augmenter l’inflammation autour de l’implant et donc le risque de contracture capsulaire.

Aujourd’hui, nous utilisons principalement des implants ultra lisses avec nanotechnologie, comme ceux des marques Perle ou Motiva. Ces implants présentent un risque nettement plus faible de développer une coque.

De plus, le risque est généralement plus faible lorsque l’implant est placé derrière le muscle pectoral, ce qui est le cas avec la technique Dual Plane, que nous utilisons habituellement.

Comment poser le diagnostic ?

En cas de suspicion de coque, on réalise généralement :

  • une échographie
  • parfois une IRM

Ces examens permettent de confirmer le diagnostic et d’évaluer le degré de contracture capsulaire.

Que faire en cas de coque ?

La conduite à tenir dépend du niveau de gêne pour la patiente.

Si le sein est simplement un peu plus ferme mais sans déformation ni douleur, il est souvent préférable de ne pas réopérer.

En revanche, lorsque la coque provoque une déformation visible ou des douleurs importantes, le traitement consiste généralement à :

  • retirer la capsule (capsulectomie)
  • remplacer les implants

Il est également important de préciser que, dans de nombreux cas, aucune cause précise n’est identifiée dans l’apparition d’une contracture capsulaire.

En règle générale, le taux de coque après augmentation mammaire avec implants se situe entre 5 et 10 %. Avec les implants ultra lisses de nouvelle génération, tels que Motiva ou Perle, les taux publiés actuellement semblent plutôt se situer entre 0 et 4 %. Dans ma pratique, le taux de réopération pour une véritable coque sévère reste toutefois inférieur à 1 %, c’est-à-dire pour des coques de grade Baker 3 à 4 nécessitant une nouvelle intervention.

Saignement et hématome

Après une augmentation mammaire, il est normal que les patientes présentent des bleus (ecchymoses) ou de petits hématomes. Cela fait partie de l’évolution post-opératoire normale et disparaît généralement progressivement dans les jours ou les semaines qui suivent l’intervention.

Lorsque l’implant est placé derrière le muscle pectoral, il peut également arriver qu’en post-opératoire il existe une différence temporaire de volume entre les deux seins, parfois jusqu’à 30 à 40 % de différence. Dans la plupart des cas, cela correspond simplement à un œdème ou à un petit saignement localisé qui se résorbe spontanément.

Risque de saignement et hématome après une augmentation mammaire

Quand parle-t-on d’un véritable hématome ?

Dans certains cas plus rares, un saignement plus important peut survenir. Le sang peut alors s’accumuler autour de l’implant, ce qui provoque :

  • une augmentation rapide du volume du sein
  • parfois un sein qui peut presque doubler de volume
  • une tension importante, souvent plus marquée dans la partie supérieure du sein

Dans cette situation, il est nécessaire de réopérer rapidement afin :

  • de drainer l’hématome
  • d’arrêter le saignement
  • puis de replacer l’implant correctement

L’importance de la voie d’abord chirurgicale

Dans ma pratique, je considère que la voie sous-mammaire (dans le pli sous le sein) permet de réduire le risque de saignement et d’hématome.

Cette approche offre en effet un meilleur contrôle du saignement pendant l’intervention comparé à d’autres techniques, comme la voie axillaire (par l’aisselle) ou aréolaire.

Par ailleurs, lorsqu’un saignement survient après une augmentation mammaire réalisée par voie axillaire ou aréolaire, il est souvent nécessaire de repasser par une incision sous-mammaire pour pouvoir contrôler correctement le saignement.

Avec les techniques actuelles, les cicatrices sous-mammaires sont généralement très petites (entre 2,5 et 3,5 cm) et bien dissimulées dans le pli du sein, ce qui en fait une option à la fois sûre et esthétique.

Est-ce une complication qui m’est déjà arrivée ?

Oui, mais cela reste très rare dans ma pratique.

À ce jour, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois. Il s’agissait d’une patiente qui, environ 13 jours après l’intervention, a effectué un faux mouvement avec son bras. Peu après, son sein a commencé à gonfler.

Une échographie a montré qu’un petit saignement était apparu suite à une fissure dans un muscle de la paroi thoracique, probablement provoquée par ce mouvement brusque.

Ce type de situation est très inhabituel, car la grande majorité des saignements surviennent dans les premières 24 heures après l’intervention, et non plusieurs jours plus tard.

Risque de rupture d’un implant mammaire

Rupture de l’implant

Une autre complication possible après une augmentation mammaire est la rupture de l’implant.

Comme tout dispositif médical implanté dans le corps, les implants mammaires peuvent s’user avec le temps. Plus un implant reste longtemps dans l’organisme, plus il existe un risque que le matériau se fragilise ou se détériore, ce qui peut conduire à une rupture.

Faut-il changer les implants régulièrement ?

Pendant longtemps, il était recommandé de remplacer les implants tous les 10 à 15 ans afin de prévenir ce type de complication.

Aujourd’hui, en Suisse, la SSCPRE ( Société Suisse de Chirurgie Plastique, Reconstructive et Esthétique )  ne recommande plus de les changer systématiquement tous les 10 à 15 ans. Les implants sont généralement remplacés uniquement en cas de problème, par exemple :

  • rupture de l’implant
  • contracture capsulaire (coque)
  • déplacement de l’implant
  • gêne esthétique ou fonctionnelle

En l’absence de complication, il n’est donc pas obligatoire de remplacer les implants après un certain nombre d’années.

Comment détecter une rupture d’implant ?

Dans de nombreux cas, la rupture d’un implant peut être silencieuse, c’est-à-dire sans symptôme évident.

Pour vérifier l’intégrité d’un implant, on réalise généralement :

  • une échographie mammaire, qui permet souvent de détecter les signes de rupture
  • une IRM, si un doute persiste après l’échographie

Les deux types de rupture

On distingue généralement deux types de rupture d’implant :

La rupture intracapsulaire

Quelques semaines après l’opération, une capsule fibreuse se forme naturellement autour de l’implant. Si l’implant se rompt mais que le gel de silicone reste contenu à l’intérieur de cette capsule, on parle de rupture intracapsulaire.

La rupture extracapsulaire

Si la capsule fibreuse est également rompue, le silicone peut migrer à l’extérieur de la capsule et parfois former de petits nodules appelés silicomes dans les tissus environnants.

Mon expérience personnelle

Dans ma pratique, j’ai déjà traité plusieurs patientes présentant une rupture d’implant, mais dans la majorité des cas il s’agissait de patientes que je n’avais pas opérées initialement.

Par exemple, certaines patientes avaient des implants salins (remplis de sérum physiologique). Dans ces cas-là, lorsque l’implant se rompt, le sein perd rapidement du volume, car le liquide est absorbé par l’organisme. Nous remplaçons alors généralement ces implants par des implants modernes remplis de gel de silicone. Il faut d’ailleurs savoir qu’aujourd’hui les implants salins ne sont pratiquement plus utilisés en Suisse.

Dans d’autres situations, j’ai pris en charge des patientes ayant reçu des implants de qualité inférieure, souvent lors d’interventions réalisées à l’étranger dans des cliniques « low cost ». Ces implants peuvent parfois se rompre relativement tôt.

Dans ces cas, le traitement consiste à :

  • retirer l’implant rompu
  • nettoyer la loge de l’implant
  • puis placer un nouvel implant

En général, lorsqu’on remplace un implant, il est préférable d’utiliser un implant de taille équivalente ou légèrement plus grande, afin de soutenir correctement les tissus et éviter que le sein ne s’affaisse.

Si la patiente souhaite un implant plus petit ou ne souhaite plus d’implant du tout, il est souvent nécessaire d’associer un lifting mammaire afin de redonner une forme harmonieuse à la poitrine.

Rotation des implants anatomiques

Une autre complication possible qui concerne uniquement des implants anatomiques, c’est la rotation.

Contrairement aux implants ronds, les implants anatomiques possèdent une forme spécifique qui doit rester dans une position précise pour conserver l’aspect naturel du sein. Si l’implant tourne dans la loge où il a été placé, la forme du sein peut être modifiée et devenir asymétrique.

Particularités des implants anatomiques

Pour réduire le risque de rotation, les implants anatomiques sont texturés, ce qui permet à l’implant de mieux adhérer aux tissus environnants.

Cependant, cette texture peut aussi présenter certains inconvénients. Les implants texturés peuvent être associés à :

  • un risque légèrement plus élevé de contracture capsulaire (coque)
  • un risque très rare de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants (BIA-ALCL)

Pour ces raisons, certains pays ont pris des mesures spécifiques. Par exemple, les implants anatomiques texturés sont interdits en France depuis 2019.

En Suisse, ils restent autorisés, comme dans la majorité des pays européens. L’essentiel est que les patientes soient correctement informées des avantages et des risques avant l’intervention.

Quand la rotation peut-elle se produire ?

Lorsqu’elle survient, la rotation d’un implant anatomique apparaît le plus souvent dans les premières semaines après l’opération, avant que les tissus cicatriciels ne stabilisent l’implant.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser cette rotation :

  • une loge chirurgicale trop large autour de l’implant
  • un non-respect des consignes post-opératoires
  • le fait de ne pas porter correctement le soutien-gorge post-opératoire, qui aide à stabiliser les implants pendant la phase de cicatrisation

Après environ huit semaines, une capsule fibreuse se forme autour de l’implant. Cette capsule permet généralement de maintenir l’implant en place et de limiter fortement le risque de rotation.

Quelle est la fréquence de cette complication ?

Une légère rotation des implants anatomiques peut être observée relativement fréquemment, dans environ 10 % des cas, mais elle est souvent discrète et sans conséquence esthétique importante.

En revanche, une rotation complète de 180 degrés entraîne une modification évidente de la forme du sein.

Que faire en cas de rotation importante ?

Lorsqu’une rotation importante survient et qu’elle modifie clairement la forme de la poitrine, une réintervention chirurgicale peut être nécessaire.

Dans ce cas, on remplace généralement l’implant anatomique par un implant rond, ce qui permet d’éliminer définitivement le risque de rotation.

Mon expérience personnelle

Dans ma pratique, j’observe qu’environ 10 % des patientes présentent une légère rotation des implants anatomiques en post-opératoire.

Il s’agit toutefois le plus souvent de rotations minimes, qui n’entraînent pas de conséquence esthétique significative et ne nécessitent pas de réintervention.

En revanche, j’ai déjà pris en charge quelques patientes opérées dans d’autres centres, chez qui la situation était plus marquée. Jusqu’à présent, j’ai notamment rencontré deux cas de rotation complète à 180 degrés.

Dans ces situations, la déformation du sein était évidente, et il a été nécessaire de retirer l’implant anatomique et de le remplacer par un implant rond, afin d’éviter toute récidive.

Rippling ou ondulations de l’implant

Une autre complication possible après une augmentation mammaire est ce que l’on appelle le rippling, c’est-à-dire l’apparition d’ondulations ou de plis visibles de l’implant sous la peau.

Ces ondulations peuvent surtout être visibles dans la partie supérieure du sein, mais aussi parfois dans la partie inférieure de la poitrine.

Pourquoi le rippling apparaît-il ?

Le rippling survient généralement lorsque la couche de tissu qui recouvre l’implant est relativement fine.

Cela peut se produire dans plusieurs situations :

  • chez des patientes qui avaient peu de glande mammaire et graisseux au niveau de la poitrine avant l’intervention
  • chez des patientes qui perdent du poids après l’augmentation mammaire, ce qui diminue la couche de graisse recouvrant l’implant

Lorsque cette couche protectrice devient plus fine, les plis naturels de l’implant peuvent devenir visibles ou palpables sous la peau.

Comment corriger le rippling ?

Lorsqu’il devient gênant sur le plan esthétique, il est possible de corriger le rippling grâce à un lipofilling, c’est-à-dire une injection de graisse.

Cette technique consiste à :

  1. prélever de la graisse dans une autre zone du corps (ventre, cuisses, hanches)
  2. la purifier
  3. puis l’injecter autour de l’implant

Cela permet d’augmenter l’épaisseur de la couche graisseuse au-dessus de l’implant, ce qui rend les ondulations beaucoup moins visibles.

Est-ce une complication qui m’est déjà arrivée ?

Oui, j’ai déjà observé ce phénomène dans ma pratique.

Dans la plupart des cas, il s’agissait de patientes qui avaient perdu du poids après leur augmentation mammaire, ce qui avait diminué l’épaisseur des tissus recouvrant l’implant.

Les ondulations n’étaient parfois pas forcément très visibles, mais certaines patientes souhaitaient les corriger pour améliorer l’aspect esthétique.

Dans ces situations, la réalisation d’un lipofilling permet généralement d’obtenir de très bons résultats et de rendre les ondulations beaucoup moins visibles.

Modifications de la sensibilité de la poitrine

Après une augmentation mammaire, il peut arriver que certaines patientes ressentent des modifications de la sensibilité au niveau de la poitrine ou des aréoles.

Ces changements sont généralement temporaires et liés au fait que les tissus et les petits nerfs sensitifs sont étirés pendant l’intervention.

Influence de la voie d’abord chirurgicale

Dans ma pratique, je réalise la grande majorité des augmentations mammaires par voie sous-mammaire, c’est-à-dire par une incision située dans le pli sous le sein.

Cette technique permet généralement de mieux préserver les nerfs sensitifs de la poitrine, ce qui réduit le risque de modification durable de la sensibilité.

Il peut toutefois arriver que certaines patientes ressentent une diminution temporaire de la sensibilité sur la partie inférieure du sein. Dans la grande majorité des cas, cette sensibilité revient progressivement au cours des mois suivant l’intervention.

À ce jour, dans ma pratique, je n’ai jamais observé de perte permanente de la sensibilité au niveau des aréoles ou de la poitrine.

Particularités de la voie aréolaire

Chez les chirurgiens qui réalisent l’augmentation mammaire par une incision autour de l’aréole, le risque de modification de la sensibilité peut être plus important.

Dans ce cas, deux situations peuvent se produire :

  • une diminution de la sensibilité
  • ou au contraire une hypersensibilité de l’aréole

Cette voie d’abord présente l’avantage de laisser des cicatrices très discrètes, mais elle comporte aussi certains inconvénients.

Elle peut notamment :

  • augmenter légèrement le risque d’infection,
  • modifier la sensibilité de l’aréole,
  • et chez certaines patientes réduire les chances de pouvoir allaiter plus tard, car certains canaux galactophores peuvent être sectionnés lors de l’intervention.

Pour ces raisons, je privilégie généralement la voie sous-mammaire, qui permet selon moi d’obtenir un bon équilibre entre sécurité chirurgicale et résultat esthétique.

Risque de pneumothorax après une augmentation mammaire

Le pneumothorax

Le pneumothorax est une complication très rare qui peut survenir lors d’une augmentation mammaire.

Il s’agit d’une situation dans laquelle une ouverture se crée au niveau de la plèvre, la fine membrane qui entoure les poumons. Lorsque cela se produit, de l’air peut s’accumuler autour du poumon, ce qui peut entraîner un affaissement partiel de celui-ci

Quand cela peut-il se produire ?

Dans le contexte d’une augmentation mammaire, ce type de complication peut théoriquement survenir lors de la création de la loge derrière le muscle pectoral, si l’on s’approche trop de la cage thoracique.

Heureusement, cela reste extrêmement rare.

Comment traite-t-on un pneumothorax ?

Le traitement dépend de l’importance du pneumothorax.

Dans les formes légères, une simple surveillance médicale peut suffire, car l’air se résorbe parfois spontanément.

Dans les cas plus importants, il peut être nécessaire de réaliser un drainage thoracique, c’est-à-dire placer un petit tube afin d’évacuer l’air et permettre au poumon de se réexpanser correctement.

Mon expérience personnelle

Dans ma pratique, je n’ai encore jamais été confronté à cette complication.

Cela correspond à ce que l’on observe dans la littérature scientifique : le pneumothorax après augmentation mammaire reste un événement exceptionnel.

Le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (BIA-ALCL)

Le lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires, appelé BIA-ALCL (Breast Implant Associated Anaplastic Large Cell Lymphoma), est une complication extrêmement rare qui peut survenir après une augmentation mammaire.

Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’un cancer du sein. Cette maladie correspond à un lymphome, c’est-à-dire un cancer du système immunitaire qui se développe au niveau de la capsule entourant l’implant, et non dans la glande mammaire elle-même.

Quels implants sont concernés ?

Jusqu’à présent, les cas décrits ont été observés exclusivement chez des patientes porteuses d’implants texturés.

Ces implants comprennent notamment :

  • les implants anatomiques (en forme de goutte)
  • certains implants ronds texturés d’anciennes générations

Aujourd’hui, de nombreux chirurgiens utilisent principalement des implants ultra lisses avec nanotechnologie, ce qui réduit ce risque.

Quelle attitude adopter pour les patientes porteuses d’implants texturés ?

Pour les patientes qui possèdent déjà des implants texturés, les recommandations actuelles ne préconisent pas de retirer les implants de manière préventive.

Il est simplement recommandé de rester attentif à certains signes, notamment :

  • une augmentation soudaine du volume d’un sein
  • l’apparition d’un liquide autour de l’implant
  • une augmentation de volume des ganglions au niveau des aisselles

En cas de doute, il est conseillé de consulter afin de réaliser un examen clinique et éventuellement une échographie.

Situation réglementaire

En France, les implants mammaires texturés sont interdits depuis 2019.

En Suisse, comme dans la majorité des pays européens, ils restent autorisés, car le risque de BIA-ALCL est considéré comme très faible. L’essentiel est que les patientes soient correctement informées de ce risque avant l’intervention, afin de pouvoir prendre une décision éclairée.

Quelle est la fréquence de cette complication ?

Selon les données de Swissmedic21 cas ont été recensés en Suisse entre 2012 et fin juillet 2024.

Le risque estimé pour les patientes porteuses d’implants texturés se situerait à environ 1 cas sur 30 000.

Mon expérience personnelle

Dans ma pratique, je n’ai encore jamais eu de patiente présentant ce type de complication.

Cela reste cohérent avec les statistiques disponibles, car il s’agit d’un événement extrêmement rare.

Conclusion

J’espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre les complications possibles après une augmentation mammaire.

Mon objectif était de vous présenter mes propres complications de manière transparente et honnête, en vous expliquant celles que j’ai pu rencontrer dans ma pratique et celles qui restent heureusement très rares.

Il est important de rappeler que la grande majorité des augmentations mammaires se déroulent sans complication, mais comme pour toute intervention chirurgicale, certains risques existent. Être bien informée permet de prendre une décision réfléchie et sereine.

Si vous envisagez une augmentation mammaire et que vous avez encore des questions, cet article aura, je l’espère, déjà apporté des réponses utiles.

Bien à vous,
Dr Yann Favre

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