Avant l’intervention
Lors de la première consultation dans notre clinique à Lausanne, nous vérifions que l’augmentation mammaire par lipofilling est adaptée à votre morphologie, à vos attentes et à votre état de santé. Nous recueillons vos antécédents médicaux, chirurgicaux et mammaires, vos traitements, votre consommation de tabac ainsi que vos éventuels antécédents personnels ou familiaux de cancer.
Nous examinons ensuite votre poitrine et évaluons votre poids, votre taille, la stabilité de votre poids ainsi que la quantité et la répartition de la graisse disponible. Les zones pouvant être aspirées, les petites incisions nécessaires, la technique opératoire et le résultat raisonnablement envisageable sont discutés avec vous.
Quels examens sont demandés avant un lipofilling mammaire ?
Dans notre pratique, nous demandons généralement une échographie mammaire et/ou une mammographie récentes afin de disposer d’un bilan de référence avant l’intervention. Toute image indéterminée ou suspecte doit être explorée avant de programmer l’opération.
Le lipofilling peut entraîner des modifications radiologiques bénignes, telles qu’une nécrose graisseuse, des kystes huileux ou des calcifications. Ces images sont généralement reconnaissables par un radiologue spécialisé, mais peuvent parfois nécessiter des examens complémentaires. Il est donc important de conserver les examens réalisés avant l’intervention et de toujours signaler le lipofilling lors des contrôles mammaires ultérieurs.
Les antécédents familiaux de cancer du sein sont-ils une contre-indication ?
Un cancer du sein chez un membre de la famille ne constitue pas, à lui seul, une contre-indication absolue au lipofilling mammaire. Nous évaluons toutefois précisément le degré de parenté, l’âge auquel le cancer est apparu et l’existence éventuelle de plusieurs cas dans la même branche familiale.
Une attention particulière est nécessaire en présence d’un cancer du sein survenu à un jeune âge, de cancers bilatéraux, de plusieurs proches atteints. Une mutation génétique connue, notamment de BRCA1 ou BRCA2, doit également être signalée.
Chez les patientes porteuses d’une mutation ou considérées comme présentant un risque très élevé, l’indication doit être discutée individuellement avec un spécialiste du sein, car les données concernant le lipofilling esthétique dans des seins non opérés restent limitées. En présence d’une forte prédisposition familiale ou d’une mutation génétique à haut risque, l’augmentation mammaire par graisse autologue peut être déconseillée.
Prise de sang et arrêt du tabac
Nous prescrivons également une prise de sang afin de rechercher notamment une anémie, une anomalie du nombre de plaquettes ou un trouble de la coagulation. Ce bilan peut être complété en fonction de votre état de santé, de vos traitements et des recommandations de l’anesthésiste.
Enfin, le tabac augmente le risque de retard de cicatrisation et de complications postopératoires. Un arrêt complet est recommandé au minimum quatre semaines avant l’opération et pendant les quatre semaines qui suivent.
La procédure
Une planification personnalisée avant l’intervention
Avant l’augmentation mammaire par lipofilling, nous réalisons des photographies et des vidéos médicales standardisées. Ces images sont conservées dans le dossier médical et permettent de comparer objectivement le volume, la forme et la symétrie des seins avant et après l’intervention. Un premier bilan photographique comparatif est généralement réalisé trois mois après l’opération.
Toute utilisation des images en dehors du dossier médical nécessite naturellement une autorisation écrite spécifique de la patiente.
Nous définissons également avec chaque patiente la répartition souhaitée de la graisse :
- principalement dans la partie supérieure du sein, notamment pour corriger un décolleté vidé après une grossesse ou une perte de poids ;
- ou de manière plus globale, afin d’augmenter harmonieusement l’ensemble du sein.
Le lipofilling mammaire peut restaurer le volume du pôle supérieur. Toutefois, même lorsqu’une quantité importante de graisse est placée dans cette région, elle ne reproduit généralement pas le galbe supérieur très rond, ferme et stable que peut créer un implant mammaire. La graisse suit davantage l’anatomie et la souplesse des tissus, avec une transition plus douce et un résultat habituellement plus naturel.
Quelle anesthésie est utilisée ?
Dans notre clinique de Lausanne, l’intervention est le plus souvent réalisée sous sédation profonde, avec une surveillance anesthésique continue.
Une anesthésie locale tumescente peut également être envisagée chez certaines patientes soigneusement sélectionnées. Cette possibilité dépend notamment de l’étendue de la liposuccion, de la durée opératoire prévue et de la capacité de la patiente à rester confortablement immobile pendant une intervention relativement longue.
Le prélèvement de la graisse
Juste avant l’opération, les zones de prélèvement et les régions du sein à traiter sont dessinées en position debout. Cette étape permet de planifier précisément la liposuccion et la future répartition de la graisse.
Après la désinfection et la mise en place des champs stériles, une solution tumescente est infiltrée dans les zones donneuses. Elle contient notamment un anesthésique local et un vasoconstricteur afin d’améliorer le confort, de limiter le saignement et de réduire les ecchymoses.
La graisse est ensuite prélevée par de petits points d’entrée cutanés d’environ 3 à 4 millimètres. Le diamètre et la forme des canules sont adaptés à chaque région ainsi qu’à l’épaisseur du tissu graisseux.
Un traitement de la graisse en circuit fermé
Nous utilisons principalement un système en circuit fermé Wells Johnson. La graisse prélevée est recueillie, préparée puis transférée en limitant autant que possible les manipulations et son exposition à l’environnement extérieur.
La graisse est ensuite injectée à l’aide de la technique EVL, ou Expansion Vibration Lipofilling. Une canule vibrante crée progressivement de multiples tunnels dans les plans graisseux sous-cutanés du sein et y répartit la graisse au fur et à mesure.
Cette technique vise à distribuer la graisse sur une surface tissulaire étendue, dans de nombreux trajets et en couches successives, plutôt qu’à la concentrer sous forme d’amas. Lorsque la capacité des tissus le permet, elle facilite ainsi une répartition homogène d’un volume important de graisse.
Pourquoi ne faut-il pas injecter trop de graisse ?
Au cours de l’intervention, nous contrôlons régulièrement la forme, la symétrie et surtout la tension des tissus mammaires. L’objectif n’est pas d’injecter à tout prix le plus grand volume possible, mais de respecter la capacité d’accueil de chaque sein.
Lorsque le sein devient trop tendu, la pression exercée sur la graisse transplantée peut compromettre sa vascularisation. Le surremplissage est associé à une moins bonne conservation du volume et à un risque accru de nécrose graisseuse, de kystes huileux ou de nodules.
La quantité injectée est donc adaptée individuellement à la qualité de la peau, au volume initial du sein et à la capacité des tissus à recevoir la graisse. Si une augmentation plus importante est souhaitée, plusieurs séances de lipofilling mammaire sont généralement préférables à une injection excessive au cours d’une seule intervention.
La fin de l’intervention
À la fin de l’opération, des pansements légers sont placés sur les petits points d’entrée. Un vêtement compressif adapté est généralement appliqué sur les zones de liposuccion, tandis que toute compression excessive des seins greffés est évitée.
L’augmentation mammaire par graisse autologue est habituellement réalisée en ambulatoire. Elle dure généralement entre trois et quatre heures, selon le nombre de zones de prélèvement, la quantité de graisse nécessaire et la complexité du remodelage mammaire.
Quelles sont les suites après un lipofilling mammaire ?
Après une augmentation mammaire par lipofilling, les recommandations postopératoires concernent à la fois les seins dans lesquels la graisse a été injectée et les zones traitées par liposuccion.
Précautions pour les seins après le lipofilling
Selon notre protocole, aucun soutien-gorge n’est porté pendant les trois premières semaines afin d’éviter une compression excessive des seins. À partir de la quatrième semaine, un soutien-gorge de sport souple, sans armatures et exerçant le moins de pression possible peut être utilisé pendant 2 mois.
Pendant deux mois, nous recommandons de dormir sur le dos et d’éviter de dormir sur le ventre ou sur les côtés afin de ne pas exercer de pression prolongée sur la poitrine. Lorsqu’une patiente ne peut absolument pas dormir sur le dos, un coussin ou un matelas spécifiquement aménagé, laissant les seins entièrement dégagés, peut être envisagé après en avoir discuté avec notre équipe.
Le sport, la course et les activités entraînant des impacts ou des mouvements répétés de la poitrine doivent également être interrompus pendant deux mois. La marche est toutefois recommandée dès le lendemain de l’intervention. Il est également préférable d’éviter une perte de poids importante pendant les mois qui suivent l’opération, car les cellules graisseuses transférées restent sensibles aux variations pondérales.
Les seins sont initialement plus gonflés que leur volume définitif. Le gonflement diminue progressivement au cours des premières semaines, tandis qu’une partie de la graisse injectée est naturellement résorbée. Le volume se stabilise progressivement et le résultat du lipofilling mammaire s’apprécie généralement après six à huit mois.
Suites au niveau des zones liposucées
Une gaine de compression Marena® est mise en place sur les zones traitées par liposuccion. Elle doit être portée jour et nuit pendant trois semaines et retirée uniquement pour la douche.
Durant les premières heures, un liquide tumescent légèrement teinté de sang peut s’écouler par les petites incisions. Ce phénomène est habituel. Les pansements doivent être changés conformément aux consignes remises par la Clinique et la première douche peut généralement être prise après 48 heures.
Selon notre protocole, un traitement antibiotique préventif est prescrit pendant cinq jours, accompagné d’antalgiques adaptés. Les douleurs ressemblent généralement à des courbatures ou à des crampes musculaires. Elles sont plus importantes durant les trois ou quatre premiers jours, puis diminuent progressivement.
Des ecchymoses, des gonflements, des indurations et une diminution temporaire de la sensibilité sont fréquents après une liposuccion. Ils s’améliorent progressivement, mais certaines zones plus fermes ou gonflées peuvent persister pendant plusieurs semaines, voire quelques mois.
Des séances d’Endermologie LPG sont recommandées à partir de la première semaine, exclusivement sur les zones liposucées. Elles peuvent contribuer à diminuer l’inconfort et à améliorer la souplesse des tissus, mais ne permettent pas de garantir l’absence d’irrégularités.
Quels sont les risques et les effets secondaires d’un lipofilling mammaire ?
Le lipofilling mammaire présente généralement un profil de sécurité favorable. La plupart des suites opératoires sont temporaires et les complications graves sont rares. Comme pour toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe cependant pas.
Les suites habituelles et transitoires comprennent un gonflement, des ecchymoses, une sensibilité ou des douleurs modérées, ainsi que des zones temporairement plus fermes. Une diminution ou une modification passagère de la sensibilité du sein peut également survenir. Ces phénomènes s’atténuent généralement progressivement en quelques semaines à quelques mois.
La résorption d’une partie de la graisse injectée est normale et ne constitue pas une complication au sens strict. Elle peut néanmoins entraîner un volume final inférieur à celui souhaité, une correction incomplète ou une légère asymétrie. Une séance supplémentaire de lipofilling mammaire peut alors être envisagée. À la Clinique Bellefontaine à Lausanne, des contrôles répétés pendant l’intervention permettent d’adapter la répartition de la graisse, sans pouvoir garantir une symétrie parfaite.
Une partie de la graisse greffée peut également ne pas survivre et provoquer une nécrose graisseuse, un kyste huileux, une calcification ou un petit nodule palpable. Ces modifications sont le plus souvent bénignes. Tout nouveau nodule ou durcissement persistant doit néanmoins être examiné. Selon la situation, une échographie, une mammographie ou, plus rarement, une ponction ou une biopsie peut être nécessaire.
Les complications moins fréquentes comprennent notamment une infection ou un abcès, un hématome, un sérome, une douleur persistante, un trouble durable de la sensibilité, une souffrance cutanée ou un problème de cicatrisation. Des complications telles qu’une embolie graisseuse ont été rapportées de manière exceptionnelle après une injection de graisse.
Le prélèvement de graisse par liposuccion possède ses propres suites et complications : gonflement, ecchymoses, sensibilité diminuée, indurations, irrégularités de contour, sérome, hématome ou infection. Les complications thromboemboliques sont rares, mais possibles. Pour une information plus détaillée, consultez notre article consacré aux risques et complications de la liposuccion.
Bonjour docteur je m’interroge sur la lipofilling. Est-il vrai lorsqu’on subit une lipofilling, et qu’il y a une prise de poids par la suite il y aura des déformations ? Vraiment quand j’ai lu ça sur un forum ça m’a fait peur je vous le cache pas et aussi je voudrais savoir si il y aura des complications si il y a grossesses après ? Votre avis est bien important pour moi merci à vous.
Bonjour Aminata,
Je vous remercie pour votre message. Effectivement après un lipofilling, que cela sot au niveau de la poitrine ou au niveau des fesses, il est important de garder un poids stable. Si une prise de poids de + de 3 à 4 kg est effective après une liposuccion, cela peut changer le résultat. Concernant les grossesses, si vous souhaitez avoir rapidement des enfants, il est mieux d’avoir des enfants avant la liposuccion, car les variations de poids dues à la grossesse peuvent également impacter le résultat final.
En espérant avoir répondu à votre question, recevez mes meilleures salutations.
Docteur Y. Favre
Bonjour docteur, il y a beaucoup de gens qui parlent du lipofilling. Et certains disent, qu’après la chirurgie il devient impossible de s’exposer au soleil. Pouvez me dire s’il vous plait si c’est vrai ? Combien de temps il faut après une chirurgie de lipofilling avant exposition au soleil ? Et si on s’y expose lorsqu’il ne le faut pas, c’est quoi les risques ?
Bonjour Jessie,
Je vous remercie pour votre message. L’exposition au soleil n’est pas un problème après un lipofilling que cela soit au niveau de la poitrine ou des fesses. Il faut juste faire attention que la petite cicatrice effectuée pour injecter la graisse ne soit pas directement exposée au soleil jusqu’à ce qu’elle devienne blanche. Cela peut prendre entre 3 à 12 mois. Entre-temps, il faut bien protéger la cicatrice avec une protection solaire 50+.
Cordialement.
Docteur Y. Favre